L'acupuncture traditionnelle est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l'Homme et de l'univers : l'Homme, microcosme, organisé à l'image du Macrocosme universel, s'en trouve donc soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l'élaboration de l'acte médical.
Selon la tradition chinoise, l'être vivant, et ici plus particulièrement l'homme, est une organisation résultant de la combinaison de matière - le corps matériel ou physique - de nature yin, et d'énergie qui anime la matière - de nature yang. L'équilibre harmonieux entre ces deux composants conditionne l'état de santé. Les perturbations de cet équilibre sont responsables de la maladie. Toute perturbation de nature à rompre cet équilibre affecte d'abord préférentiellement l'énergie.

L'énergie (Qi) est mouvement et sa perturbation princeps sera l'entrave au mouvement : le blocage. L'énergie bloquée en une région du corps matériel s'accumule en amont du blocage, alors que les régions en aval du blocage vont se trouver en déficit énergétique. En présence d'un état de pathologie ainsi décrit, l'acupuncteur va établir son diagnostic en recherchant les niveaux auxquels l'énergie est bloquée, et quelle est la raison du blocage. Il va ensuite appliquer son traitement en levant le blocage et en corrigeant, si cela se peut, la raison de ce blocage. L'aiguille, entre autres moyens, va lui permettre de diriger le cours des énergies.

eezL'énergie circule notamment le long de conduits appelés méridiens, et, à partir de ces méridiens, se répand dans tout le corps pour insuffler son principe vitalisant (yang) à l'ensemble des constituants de l'organisme. Elle a une certaine correspondance avec le sang, qui, lui-même, circule dans des conduits (vaisseaux) et se répand dans tout le corps pour l'irriguer de son principe yin.
En outre, il y a plusieurs énergies, chacune ayant sa spécialité ; outre les méridiens principaux, il y a encore une foule de méridiens aux fonctions diverses ; l'équilibre de l'organisme humain doit toujours être évalué relativement à celui de son environnement, et de cycles qui vont en rythmer l'évolution. Cycles avec lesquels il devra rester en harmonie et dont les correspondances matérielles (les cinq éléments) vont servir de repère à l'acupuncteur pour établir son diagnostic et son traitement, en fonction de règles subtiles qui trouvent leur origine dans le taoïsme.

Moxibustion

En médecine chinoise, les maladies chroniques, comme les rhumatismes par exemple, ou provoquées par le froid ou l'humidité sont soignées efficacement par les moxas. En Chine, la moxibustion prédomine donc naturellement dans les régions les plus hautes et les plus froides, d'où elle est d'ailleurs originaire. Le mot moxibustion vient du japonais « mogusa » qui signifie « herbe à brûler ». Les moxas sont fabriqués à partir de feuilles d'armoise séchées et réduites en poudre, auxquelles sont parfois incorporées d'autres herbes choisies pour leurs propriétés médicinales.

L'armoise est aussi appelée « herbe des médecins » par les chinois. Utilisée sous forme de moxa, elle régularise le cours d'énergie des méridiens et stimule les fonctions des organes. La moxibustion peut être utilisée seule ou combinée à l'acupuncture. Les moxas se présentent sous forme de cônes ou de rouleaux. La méthode utilisée lors d'une séance de moxibustion est choisie en fonction du patient et de sa pathologie et doit être adaptée à sa sensibilité.